Déconfinement : Nos valeurs mises à l’épreuve

Et le timbre sonore se fit entendre… Oui, elle a bien rompu la communication abruptement. Elle, c’est Fanny, sa sœur jumelle; celle avec qui il a fait les cent coups, sa complice depuis toujours. Comme on dit dans la famille : « Ces deux-là, ils font la paire ». Fanny la vivante, celle qui mord dans la vie, la fille aux mille projets devenue femme, sa « grano » comme il se plaît à l’appeler affectueusement. Ils s’harmonisent bien. Lui, c’est Félix, terre à terre, rationnel, organisé, aimant s’amuser et faire la fête à l’occasion.

Des différences qui se manifestent concrètement

Tout a commencé cet été lorsque Fanny lui a soumis l’idée de célébrer le 70e anniversaire de leur mère en début d’automne à son chalet. Son espace et son aménagement lui permettent, de plus, d’accueillir les personnes sur sa terrasse extérieure. « Dix à quinze personnes tout au plus », disait-elle. Mais voilà qu’elle lui annonce maintenant toute heureuse : « ben finalement, je n’ai pas été capable de ne pas inviter la famille de Nicole. C’est maman qui va être contente! Pour ne pas faire de chicane, j’ai invité aussi la famille de mon oncle Marcel. J’ai hâte, ça va faire un beau party! » Et Félix de répondre : « On est rendu à combien là? ». Fanny : « Bah, je n’ai pas compté, trente-cinq à quarante peut-être, mais ils ne viendront pas tous. »

Félix a horreur lorsque Fanny s’emballe et ne s’en tient pas à leur plan de départ. « Tu sais qu’on n’a pas le droit à plus de 20 personnes à l’extérieur selon les mesures sanitaires! »

Fanny : « Tu t’énerves pour rien. Y viendront pas voir au chalet ». Félix : « As-tu pensé comment occuper tout ce monde-là en gardant la distanciation? Tu sais que je n’aime pas ça. »

De plus, Félix a de la difficulté avec la dernière décision de sa sœur, celle-ci ayant fait le choix de ne pas se faire vacciner. Ils en ont discuté longuement. Elle a ses raisons. Prônant tout ce qui est naturel, elle aime choisir avec soin ce qui entre ou non dans son corps. Elle vit de l’insécurité face au vaccin liée à sa vitesse d’élaboration et de mise en marché. Elle craint également les effets secondaires. Lui aussi a ses raisons. Il tient à protéger les siens, en particulier sa mère et son fils atteint d’une maladie chronique. Il croit en la solidarité sociale et souhaite qu’on en vienne à une immunité collective. La tension monte entre les deux et Félix y va d’un : « Tu feras bien toujours à ta tête. » Et puis, plus rien. La réponse de Fanny n’est pas venue.

Le chemin d’introspection

Félix reste là sans bouger. Une bousculade se vit en lui. Incompréhension, colère, tristesse et culpabilité s’entremêlent, s’entrechoquent et le laissent un peu perdu. Qu’est-ce qui a pu les mener là? La droiture et le respect des règles lui importent. Il ne comprend pas le comportement de sa sœur, il n’accepte pas qu’elle ne pense pas comme lui. D’un autre côté, il a l’impression de toujours se laisser entraîner et d’être incapable de rester debout devant elle. Ses mots sont sortis trop vite, il n’a pu les retenir. Il oscille entre culpabilité et désir de s’affirmer. La période de confinement lui a permis de conscientiser sa difficulté à se respecter lui-même. Il nie régulièrement ses convictions profondes pour ne pas déplaire. Il se range du bord de l’autre évitant ainsi les confrontations. Mais maintenant, ça ne passe plus. Il s’affirme davantage, et souvent maladroitement. Et avec sa jumelle, c’est encore plus difficile. Comment faire? Comment transiter de la culpabilité à la responsabilité?

Fanny, elle, vit beaucoup de colère. Elle a l’impression que personne ne la comprend. Elle se sent seule. Elle a l’impression d’être contrecarrée dans tout ce qu’elle entreprend. Elle ne se sent pas respectée dans ses choix. Elle vit du rejet. Les restrictions lui pèsent, elle qui a toujours eu soif de liberté et de socialisation. Seul Félix la comprenait, la suivait sans dire un mot. C’était toujours ok. Et voilà qu’il se met de la partie lui aussi. Elle qui aspire tant à une société meilleure, elle qui valorise l’entraide et l’importance de la diversité. Elle entrevoit mal la suite.

Avancer

Il est facile d’être soi-même, seul dans sa demeure sans contrainte ni confrontation. Il en est tout autrement en relation, face aux autres dans la société, dans notre milieu de travail, dans la famille et avec nos proches. La sortie du confinement nous place en situation où nous sommes confronté.e.s constamment à nos différences.

Comment s’affirmer et se respecter dans ses valeurs sans tomber dans la critique de l’autre, entrer dans une guerre de pouvoir ou se refermer sur soi?

Comment réussir à se réaliser et à construire à partir de nos différences?

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