JUSTE POUR LA BEAUTÉ DU GESTE…

« Simplement, comme les bénévoles de milliers d’associations, ils s’engagent pour la beauté du geste, afin que la réalité de demain ressemble un peu plus à leurs rêves d’aujourd’hui. »

Yves Duteil, La petite musique du silence

« …Ils s’engagent pour la beauté du geste… » Cette expression résonne de façon particulière en moi.

Yves Duteil commente l’engagement bénévole bien sûr. Mais en moi, cette phrase trouve un écho plus large; elle me parle aussi de l’acte humain engagé, de l’engagement tout simple d’une main tendue, d’un regard franc qui n’évite pas, d’un sourire donné. Autant de petits ponts relationnels vers l’autre.

Juste « pour la beauté du geste… »

Sans attente de retour.

Juste pour faire du bien… à soi, à l’autre.

Juste pour me faire du bien à moi pour que vivent mes réalités relationnelles, les réalités de partage, de proximité, d’inclusion qui habitent mon cœur, mon identité profonde. Tout ce qui fait mon humanité, mon être aimant. Ce qui fait que cela trouve un chemin d’actualisation pour un moment et que je me sente vivante de ma vie profonde.

Juste pour faire du bien à l’autre, pour briser la solitude, dire notre parenté d’humains et gratuitement lui donner un peu de joie, un brin de valorisation ou d’émerveillement. Tout ce qui, dans l’instant, naît en moi et que je lui offre.

Donner, m’engager dans de petits gestes tout simples qui sèment le partage, le réconfort et l’amour, je l’espère, autour de moi.

Juste « pour la beauté du geste… »

Claudie Saint-Roch, formatrice PRH

Du fleuve Saint-Laurent à mon fleuve intérieur… comment y plonger?

« Le fleuve se déploie devant nos yeux depuis toujours.

Mais, on le connait seulement en surface, alors que ça grouille

de vie et de beauté dans les entrailles du Saint-Laurent.

Bien sûr… l’eau froide, bien sûr… les courants, mais moi,

je connais l’homme grenouille

qui pourchasse les splendeurs de notre Québec profond,

Et on a décidé de vous y faire plonger! Et naviguer

sur les flots tantôt tranquilles, tantôt en furie

pour remonter le fil de la vie et découvrir ce monde tellement méconnu. » *

Cette vidéo promotionnelle du documentaire me rappelle mon attachement pour ce Saint-Laurent, si majestueux. Il est devenu la destination privilégiée de mes vacances. Il m’attire. J’aime contempler son immensité, ses marées, sa lumière… que ce soit de la fenêtre du chalet, de la rive ou en kayak. Dans cette vidéo, chaque mot de la narration, chaque image montrant les beautés cachées de ce fleuve, rejoint l’expérience que j’ai faite de découvrir mon fleuve intérieur, la richesse de ses profondeurs inconnues et d’y être plongée.

Ce fleuve intérieur, c’est mon monde intérieur qui grouille de vie. Je ne l’ai regardé qu’en surface jusqu’à ma première formation PRH, « Qui suis-je? ». C’est là que j’ai fait l’expérience du « comment y plonger ». Durant quatre jours, j’ai été guidée, au pas-à-pas, vers mes splendeurs. Par les plongeons successifs que me proposaient les exercices de temps d’analyse, j’ai décidé de remonter le fil du contenu de mon fleuve. J’ai mis des mots aux traits positifs de mon identité, à ce qui fait vibrer ma sensibilité, j’ai précisé mon degré d’autonomie en relation, etc. J’y ai vu ma beauté. Je suis tombée en émerveillement avec moi et ce qui me constitue dans une capacité à le ressentir.

Après cette formation, ayant aimé vivre cette plongée en moi, j’ai voulu me perfectionner afin de devenir cette « femme grenouille ». J’ai souhaité explorer le contenu de ce qui grouille en moi, en utilisant des repères sécuritaires et précis. J’ai aussi voulu apprendre à plonger seule à la maison. Je me suis inscrite à la formation sur la méthode d’analyse PRH, « À l’écoute de mon monde intérieur ». C’est dans ce parcours que j’ai appris que mon ressenti se présente comme un courant, qui prend la forme d’une sensation; tantôt positive ou heureuse, tantôt houleuse ou négative. J’ai fait l’expérience qu’en choisissant de suivre chacune de mes sensations, elle me fait remonter un fil de vie et me redonne une parcelle de ma dignité, de ma liberté, de mon autonomie, celle de ma personnalité unique et distincte. C’est à ce moment que j’ai compris que les entrailles de mon fleuve intérieur, tout comme celles du Saint-Laurent, sont infinies.

Au cours de ces années à pratiquer l’analyse, seule ou en formation, en utilisant les repères PRH « de plongée », je suis devenue une femme à la fois actrice, réalisatrice et collaboratrice de mon aventure en société. Depuis, je vis une route de bonheur, de liberté et de solidité personnelle que je n’aurais jamais pu imaginer et qui me réjouit encore puisqu’elle est une source infinie de découvertes.

Martine Préville, formatrice PRH

*Extrait de la bande-annonce du documentaire « QUÉBEC PROFOND » de Geneviève Bilodeau, Patrick R. Bourgeois

DÉCIDER : UN ACTE QUI ENTRAÎNE VERS LA PROMESSE D’ÊTRE SOI

Qui n’a pas exprimé au moins une fois dans sa vie : « Je le savais, j’aurais dû m’écouter »? Vous savez, ce genre de décision où, pour une raison ou pour une autre, nous n’avons pas suivi notre intuition, nous laissant un goût de regret ou de déception? Mais comment nous y prenons-nous exactement pour décider?

Voici différentes manières :

  • décider sur un coup de tête
  • choisir par devoir selon ce qui est logique ou établi
  • décider à partir des autres : « Qu’est-ce que tu ferais à ma place? »
  • toujours suivre ma première idée
  • décider à l’urgence, à la dernière minute
  • écouter mon cœur ou ma tête?
  • prendre une décision réfléchie avec une longue analyse des faits
  • faire la liste des « pour » et des « contre »
  • ne pas décider et attendre que les choses s’arrangent
  • tirer à pile ou face
  • remettre ma décision à l’univers
  • décider impulsivement, sous le coup de l’émotion
  • m’en remettre à la volonté de Dieu
  • décider selon mes habitudes
  • écouter les intuitions qui montent en moi
  • remettre mes décisions à plus tard
  • être un éternel indécis, craignant de manquer quelque chose
  • à partir de l’image que je veux donner aux autres, par peur de ce qu’ils vont penser de moi
  • chercher les compromis, une solution gagnant-gagnant
  • etc.

Peut-être vous êtes-vous reconnus dans l’une ou l’autre de ces manières de décider ou votre méthode est peut-être toute autre?

André Rochais, fondateur de PRH, affirmait : « AUCUN ACTE N’EST NEUTRE. IL EST OU IL N’EST PAS DANS LE SENS DE MA CROISSANCE ».

Cette affirmation radicale de sa part nous plonge dans l’importance de l’acte de décider dans notre vie. Après tout, devenir pleinement qui nous sommes dépend de nos décisions. Mener une vie significative qui nous ressemble dépend de la qualité de nos prises de décisions. Là où je suis présentement dépend des décisions que j’ai prises par le passé. Là où j’irai dépend des décisions que je prends actuellement.

L’entraînement à la prise de décisions est une clé fondamentale de la psychopédagogie PRH. Il y a, dans la personne humaine, un lieu de référence interne favorable à notre croissance que notre intelligence peut s’habiliter à reconnaître. Cette référence interne, que l’on nomme la conscience profonde, est en quelque sorte une boussole qui nous invite à la liberté la plus existentielle qui soit : celle de manifester le reflet de notre identité.

« Elle est la traduction en termes d’appels de ce que nous sommes destinés à devenir dans la ligne de notre identité foncière ». (p. 109, La personne et sa croissance)

« C’est la solitude fondamentale de la personne qui, étant unique, se trouve engagée sur un chemin unique, avec une loi unique : celle inscrite en son être ». (p. 108, La personne et sa croissance)

Apprendre à décider est un chemin de personnalisation fabuleux qui entraîne vers la promesse de ma différence et ma singularité. C’est là l’occasion d’exercer ma liberté pour manifester mon originalité, mon unicité. Je suis alors le pilote de ma voiture pour tracer ma propre trajectoire de vie dans la voie que je sens bon d’engager.

Savoir décider est un atout gagnant pour mon bonheur. C’est l’acte qui me pousse à me définir davantage et à me prononcer sur qui je suis. Celui qui m’invite, en quelque sorte, à déclarer mon identité et à utiliser ma faculté d’agir selon ma propre volonté, non par égoïsme, mais par cohérence à qui je me sens être. Apprendre à décider, c’est assumer l’entière responsabilité d’opter en faveur de ma vie pour l’amener vers sa réussite.

PRH, école de formation, est en mesure de vous accompagner dans votre apprentissage à vivre des prises de décisions constructives. Différentes activités seront offertes dès cet automne dans plusieurs régions pour vous permettre de progresser sur ce thème. N’hésitez pas à consulter notre site Web pour les découvrir ou encore à vous procurer notre plus récent livre « Savoir décider, un atout gagnant ». Vous avez également la possibilité de recourir à un accompagnement individuel si tel est votre besoin.

Soyez les bienvenus à interagir sur notre blogue!

Que vos décisions vous conduisent de plus en plus vers la liberté d’être vous-mêmes!

Diane, Plante, formatrice PRH

Une image négative : un frein à l’apprentissage

Cet hiver, j’ai eu la chance d’avoir une étudiante adulte dans un de mes cours : Fabienne. Je dis « avoir la chance » parce que j’ai vécu une belle expérience de pédagogue en relation avec cette femme. Voici son histoire.

Fabienne est originaire de la Suisse, arrivée au Canada voilà plus de 25 ans. Elle est venue au Québec pour un stage en agriculture de six mois, et n’est jamais repartie. Dès les premiers cours, elle me partage ses impressions sur ma pédagogie qu’elle apprécie. Elle aime ma manière d’aborder la littérature – c’est flatteur! – mais elle m’informe aussi de ses difficultés en français, une matière qui lui fait peur. « Je n’ai jamais été bonne en français », me dit-elle dès le premier cours. En fait, elle vient à peine d’être diagnostiquée dyslexique sévère, ce qu’elle ne connaissait pas d’elle-même avant son retour au cégep cette année. Je la rassure sur l’aide offerte aux personnes dyslexiques au cégep, mais ne lui ment pas sur les efforts qu’elle devra fournir. Lire et écrire sont principalement ses bêtes noires, ce qui constitue l’essentiel de mon cours.

Avant le début de mes cours, j’aime discuter avec mes étudiants de choses et d’autres. Un matin, je raconte un voyage d’alpinisme au Pérou. Tout de suite, Fabienne m’interpelle. Je lui rappelle son père, professeur de littérature et amateur lui aussi d’alpinisme. Celui-ci est malheureusement décédé sur une montagne, La dent blanche, dans les Alpes suisses, alors que Fabienne n’avait que huit ans. Je comprends tout de suite que Fabienne est replongée dans ses souvenirs d’enfance, et surtout, dans sa relation difficile avec l’école, alors que son père et sa mère sont professeurs. Avec le temps, elle a développé une image négative d’elle-même : elle est le cancre de la famille et elle en a honte.

Le premier travail que je demande à mes étudiants est d’écrire une nouvelle littéraire. Le sujet est libre; ils peuvent raconter une partie de leur vie s’ils le souhaitent. C’est ce que décide de faire Fabienne. Elle écrit un texte – très touchant – qui résume, en quelques paragraphes, les épisodes marquants de sa vie. Elle travaille avec une de ses amies qui l’aide avec ses fautes. Elle obtient une bonne note, ce qui la rend fière d’elle-même, mais je sens qu’elle ne saisit pas l’importance de ce qu’elle vient d’écrire.

J’invite toujours mes étudiants à soumettre leurs textes pour une publication dans la revue littéraire du cégep. J’annonce à Fabienne qu’elle devrait soumettre son texte, j’insiste beaucoup. Elle hésite : « Vous pensez vraiment que mon texte est assez bon? », me dit-elle plusieurs fois. Chaque fois, je lui confirme mon impression : son texte est bien écrit, touchant et que je pense sincèrement que le comité de sélection de la revue retiendra son texte. Elle se lance, elle envoie son texte au comité et il est retenu. Quand je lui annonce la nouvelle que son texte sera publié, elle fond en larmes. Elle me répète qu’elle a toujours eu honte d’être mauvaise à l’école et que, pour une fois, elle est fière d’elle. Après le lancement de la revue, Fabienne a fait parvenir plusieurs copies de la revue à sa famille en Suisse, surtout à sa mère.

En écrivant ce texte, Fabienne n’a pas seulement fait un travail scolaire, elle a changé son rapport aux cours de français : la peur s’est atténuée. Mais le plus important, selon moi, est que Fabienne a fait un premier pas pour changer l’image négative qu’elle avait d’elle-même. Je savais, après ce premier travail, que Fabienne avait réussi. Elle a réussi à lever un frein à son apprentissage. Voilà pourquoi j’ai commencé mon texte par « j’ai eu la chance d’avoir une étudiante adulte » comme Fabienne, parce que ce sont des histoires comme celles-ci qui donnent du sens à mon métier.

François Guénette

 

 

Pensées d’été

Mes pensées me font penser! Le jeu de mots est facile, mais il décrit bien ce que je vis. Ces petites fleurs, dans le soleil des premières heures du matin, n’en finissent plus de me parler. Je viens simplement vous partager ce qu’elles me disent.

Quand elles tournent automatiquement leur petite face vers le soleil radieux du matin, qu’elles prennent tout leur temps pour goûter cette lumière qui les traverse, cet amour qui les réchauffe, qui les redresse, elles me disent : « Nous ne vivons que pour et par cette relation. Toi, pour quoi, pour qui, par qui vis-tu ? »

Bien serrées entre elles, elles prennent chacune leur place, laissant une place pour l’autre, formant des îlots de couleur dans le décor : couleur de joie, couleur de ciel (certaines sont jaunes, d’autres bleues). Je les entends me dire : « Toi, fais-tu partie d’un groupe positif, joyeux, rayonnant où les membres, bien soudés par des valeurs profondes, laissent à chacun, chacune sa juste place? »

Elles sont vigoureuses! Le vent du nord-ouest les fouette souvent et cela renforce leurs tiges! Quand je néglige de les arroser, elles se couchent. Je désespère de les sauver, mais, quelques heures après leur avoir donné de l’eau, rien n’y paraît! Les revoilà toutes droites, épanouies! Elles me disent : « Toi, es-tu aussi résistante face à l’adversité? Oublies-tu aussi vite quand on t’a négligée? »

Régulièrement, j’enlève les fleurs fanées pour qu’elles ne prennent pas l’énergie des autres fleurs. Le but de cette plante, c’est d’offrir ses fleurs, pas ses fruits. Je pense à mon vieux papa de 98 ans. Il n’aimait pas quand j’enlevais les fleurs fanées. Moi aussi, avec l’âge, je fane un peu… J’aimerais transmettre ce que j’ai appris, porter plus de fruits. Elles me disent : « Si tu souhaites que ceux et celles qui viennent après toi prennent leur envol, toute leur place légitime, tu auras souvent à te tasser, à te taire, à collaborer à leur vision, surtout à celle des plus jeunes en responsabilité. Ils sont dans la fleur de l’âge. Tu as à trouver une autre façon de donner ton fruit, en prenant une place que toi seule peut occuper. »

Au printemps, elles ressuscitent! Une fois que l’hiver a anéanti toute vie dans mes boîtes à fleurs, de petites pensées réapparaissent, çà et là, dans la pelouse qui reverdit! Elles sont toujours là, minuscules signes lumineux! Elles me questionnent : « Toi, est-ce que tu crois que la vie continue après ce qui semble être la fin? »

L’été ne fait que commencer! L’automne venu, j’en aurai des analyses PRH à faire pour répondre à toutes ces questions…

Ginette Harvey, collaboratrice PRH