Les mêmes chances pour tous de se développer…

Bravo Josée, tu es géniale…

Tes propos sont très inspirants et m’amènent à aller dans le même sens en situant la place qui revient à l’enfant dans le déploiement de ses potentialités. Je vais aborder deux éléments de ton discours qui m’interpellent. D’une part, l’enfant qui grandit, et, d’autre part, le rôle de l’éducateur qui l’accompagne à devenir la fleur, la personne qu’il aspire à être.

Dans un premier temps, pour qu’une école s’inscrive dans une réelle logique de développement, elle doit prendre l’enfant dans sa globalité et dans sa propre culture personnelle et familiale. Par conséquent, cette approche que tu exprimes ne peut se concrétiser que si l’éducateur s’intéresse à l’enfant, à ses caractéristiques, à ses expériences, à ses potentialités et à son vécu familial. L’enfant arrive à l’école avec un répertoire d’habiletés qui lui est propre, c’est pourquoi il faut partir de lui et miser sur ses forces au regard de l’ensemble des aspects de son développement.

Tu es géniale… tu es cette éducatrice qui reconnaît l’unicité de chaque enfant et le considère comme un individu à part entière pouvant contribuer au bien-être collectif. Tu es cette éducatrice qui fait une place à tous les enfants et qui a la conviction que la classe appartient à tous les enfants, peu importe leurs différences.

Malheureusement, trop souvent, on observe une logique de la normalité en demandant aux enfants de fournir les efforts pour s’intégrer pour le rendre « normal ». Dans cette logique, le poids de l’accès à l’école et du déploiement de l’enfant repose ainsi sur les capacités de ce dernier à accéder aux normes d’une école faite pour une population sans incapacités ou mieux, sans particularités. À l’inverse, toi, tu as su, dans une logique d’inclusion, donner la place à chaque enfant dans ta classe quelles que soient ses caractéristiques, sans exiger que les enfants soient comme les autres.

Je ne suis pas la seule à affirmer cela. Le Conseil supérieur de l’éducation, dans son dernier rapport (2016, p. 82), constate que « malgré le soutien accordé aux milieux scolaires pour essayer de donner les mêmes chances à tous, et en dépit du travail remarquable qui se fait sur le terrain, l’école n’offre pas à tous les élèves la même possibilité de développer leur potentiel ». Barrère et Mairesse, 2015, ajoutent que les inégalités observées dans les classes sont parfois produites et reproduites par l’école elle-même.

Tu es celle qui fait la différence, qui permet à chaque enfant de se déployer, de devenir un être à part entière et de s’épanouir selon ses capacités. Tu joues un rôle déterminant. Bravo!

Johanne April

Barrère, A. et Mairesse, F. (2015). L’inclusion sociale. Les enjeux de la culture et de l’éducation. Les cahiers de la médiation culturelle. Paris, L’Harmattan.

Conseil supérieur de l’éducation (2016). Remettre le cap sur l’équité. Rapport sur l’état et les besoins en éducation 2014-2016, septembre 2016. Récupéré de http://www.cse.gouv.qc.ca.

 

 

 

Des commentaires à propos de “3”

  1. D’accord avec vous Johanne.
    Je me souviens comme si c’était hier de mon passage au primaire il y a de cela 55 ans. J’étais une enfant avec des difficultés d’apprentissages qui n’a pas reçu l’aide et le soutien dont j’aurais eu besoin. Les conséquences ont été plus que néfastes.
    Aujourd’hui, en écoutant les témoignages d’amies enseignantes, je constate qu’il y a tellement à faire avec le nombre d’élèves à besoins particuliers dans une même classe qu’ils ne peuvent malheureusement répondre comme elles le souhaiteraient à leurs exigences, faute de ressources.
    Cela ressemble au système de la santé. Tellement de bonne volonté et de personnel qualifié, mais peu de ressources pour répondre aux besoins qui sont de plus en plus “criants” .

  2. Merci Joanne de nous encourager à travers ton article documenté d’avoir l’audace de sortir de la logique de la normalité en accueillant, au moins en tant que parents, la vie de nos enfants telle qu’elle est.
    Je crois que la “normose”, le trop de normes nous fait passer à côté du potentiel génial de nos enfants.

    Sophie

  3. Merci Johanne de m’encourager à regarder l’enfant dans son unicité, à le voir avec mon regard aimant. Tes propos m’encouragent à continuer malgré les difficultés que je rencontre, malgré les fois où je plie les genoux, malgré mes doutes…
    Tes propos, appuyés du Conseil Supérieur de l’éducation, m’incitent à continuer et m’invitent à parler de la «normalisation» à mes collègues… Tu me dynamises!
    Merci Johanne!

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