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EN FLAGRANT DÉLIT DE NE RIEN FAIRE

Publié le 6 juillet 2026 par Formation PRH

Quoi!  Tu ne fais rien?

Arrachée à son silence, Ophélie sursaute, prise semble-t-il en flagrant délit de paresse. Pourtant, ce n’est pas ce qu’elle expérimentait avant l’incursion soudaine de ses amis. Ophélie était plutôt suspendue hors du temps dans la contemplation d’un nœud sur la branche d’un arbre dressé à la droite du banc où elle est assise. Ce fragment de contemplation lui a été confisqué d’un coup alors qu’elle se sentait en osmose avec la vie noueuse de cette branche qui se répare peu à peu suite à une entaille. Cette vie réparatrice de la nature la fascine totalement.

Ophélie adore s’extraire de la vie accélérée et des écrans intrusifs pour désamorcer la toupie de ses pensées. Elle aime se taire. Il lui suffit d’un petit rien à contempler pour s’associer à la beauté simple du monde et la laisser exister librement. Elle aime ne rien faire afin de ne pas déranger le spectacle de la vie dont elle est témoin. Elle prend plaisir à l’observer. Elle se délecte de ces instants de trêve où elle ne fait rien d’autre que de capter la vie du regard pour la laisser vibrer en elle et la célébrer. En ce qui la concerne, c’est comparable à une escapade unique à chaque fois.

« Je ne veux pas être toujours occupée, dit-elle. Je veux me sentir vivante de l’intérieur et liée à la vie qui m’entoure. Pour moi, l’aventure de vivre ne se résume pas à enfiler des actions et des réalisations. Je me désole souvent devant l’agitation que je vois autour de moi où les gens cherchent toujours à avoir les mains et la tête occupées. Je remarque que même après leur journée de travail, ils surchargent le temps dont ils disposent dans leurs loisirs ou leur vie de famille.  Les enfants et les parents n’ont presque jamais de temps pour ne rien faire et se laisser toucher par la vie. Je ne sais pas pour les autres, mais moi j’ai besoin de résister à cette agitation perpétuelle car elle me fait dériver hors de moi-même et m’éteint. »

Sous les apparences d’un flagrant délit de paresse, Ophélie se relie manifestement à la vie environnante. Les sens en éveil, elle ouvre grand la porte de son être pour rencontrer la vie à l’état pur, la laisser voyager en toute simplicité au cœur du moment et l’honorer de sa gratitude. C’est tout sauf de la paresse. Elle vit une réelle intimité avec la vie qui est à sa portée immédiate issue de son monde de proximité. Quand elle s’émerveille de l’infiniment petit, paradoxalement elle sent s’élargir son monde au-dedans d’elle.

 

Comme le dit si bien l’auteure Anaïs Barbeau-Lavallette dans son livre « Architecture de la joie » co-écrit avec Steve Gagnon : « Je me demande pourquoi on choisit trop souvent de s’éloigner de la grande beauté quand on sait qu’elle existe. »

Elle ajoute:

« L’émerveillé est détailleur. Il s’agit d’aiguiser son regard aux détails. »

« …des petites choses ordinaires devenues belles parce que célébrées. Par cette délicate attention que tu portes au détail, tu es virtuose de la joie minuscule. »

« Je regarde un tout petit monde qui me déploie de façon si vaste. »

 

Cette citation de Spinoza complète merveilleusement les propos d’Anaïs Barbeau-Lavallette:

« Il existe beaucoup plus que ce que nous sommes accoutumés à voir. »

 

Diane Plante, formatrice PRH

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