Une merveille trop souvent oubliée

Dès mon réveil ce matin, j’ai reçu un merveilleux cadeau : mes yeux et la faculté de la vue pour mener ma vie. Instantanément, ils me permettent de voir le temps qu’il fait à l’extérieur, de poser mon regard dans celui de l’homme que j’aime à mes côtés, de bien orienter mon geste pour prendre un verre d’eau sur la table de chevet, de me diriger vers la cuisine sans me heurter aux meubles, etc. Ils me donnent accès à toutes les formes de vie qui m’entourent et me permettent de les accueillir dans mon existence. Ils me permettent d’observer tout ce que la vie met à ma disposition et de bouger en toute liberté, sans même y penser. Grâce à mes yeux, je vais où bon me semble en marchant, sans me poser de questions.

La marche : autre merveille à conscientiser. Mon corps a développé le réflexe de la marche depuis mon enfance. J’ai la faculté de me déplacer à volonté et d’emprunter des rythmes différents pour me rendre ailleurs. Ai-je seulement conscience de la chance que j’ai de pouvoir me dresser en une posture verticale et activer mes muscles pour me mouvoir? Quand je marche dans l’allée de l’épicerie, au travail lorsque je rejoins un collègue à son bureau, en randonnée dans la nature, en me rendant à ma voiture, en montant les escaliers, en m’approchant d’un enfant, en voyageant, en me rendant à un rendez-vous, en passant la tondeuse ou en accompagnant mon parent vieillissant… je suis en train de vivre une liberté de mouvement inestimable. Et, chaque fois que je marche sur des surfaces de toutes sortes, sur un terrain accidenté, à travers les pierres, les hautes herbes, les dénivellations, ma cheville fait un travail incroyable. Elle est un chef-d’œuvre d’adaptation qui compense sans cesse pour que mon corps préserve son équilibre.

Je marche alors que d’autres sont dans l’impossibilité de le faire librement ou encore ne peuvent le faire qu’au prix de grands efforts en raison d’un accident subi, de complications du vieillissement, d’un handicap, de la maladie. C’est le cas de mon oncle, dans la trentaine, père de 4 enfants, ayant été enseveli sous terre dans une mine et qui s’en est miraculeusement sorti alors que son compagnon n’a pas eu cette chance. Il a été hospitalisé plusieurs mois entre 2 planches orthopédiques, comme dans le film « L’autre versant de la montagne »*, à regarder soit le plancher de sa chambre, soit le plafond sans pouvoir bouger. Les médecins lui avaient annoncé qu’il ne marcherait plus jamais. Grâce à son incroyable détermination, à de la physiothérapie intensive et à des appareillages adaptés à sa condition, il parvient aujourd’hui à se déplacer relativement bien en position debout malgré son handicap. Je peux vous assurer qu’il apprécie grandement la faculté de se déplacer et l’autonomie que cela lui procure. En lui, c’est une merveille qui lui est redonnée chaque jour de sa vie.

Et moi, quelle attention est-ce que je porte aux merveilles de mon corps?

Quelles richesses m’apporte-t-il pour vivre ma vie quotidienne?

Diane Plante, formatrice PRH

*L’autre versant de la montagne : Lors d’une descente, une jeune skieuse est victime d’un accident qui la laisse paralysée.

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