« UNE BRÈCHE EN TOUTE CHOSE »

Je reviens de l’exposition sur Leonard Cohen « UNE BRÈCHE EN TOUTE CHOSE » présentée au Musée d’art contemporain de Montréal*. Cette exposition, très fidèle à l’artiste, met en scène l’obscurité et la lumière qui s’avèrent indissociables l’une de l’autre.

J’ai véritablement communié aux dons et à la magie universelle de Cohen. J’ai touché une certitude profonde en moi que l’individu qui découvre et développe ses dons naturels trouve la force de rester debout au travers de ses épreuves et évolue vers la meilleure version de lui-même. D’où l’importance de se connaître, le plus tôt sera le mieux, sans forcément attendre une épreuve ; même si c’est souvent au détour d’une difficulté que nous nous découvrons dans nos forces.

Leonard Cohen avait 9 ans quand, à la mort de son père, il expérimenta la force de ses mots et de sa poésie.

Dès la première galerie dédiée à une rétrospective d’archives vidéo, j’ai été saisie de ce qui se dégageait de l’artiste à la fin de sa vie.

Les expériences, la maturité, la brèche de sa durable mélancolie semblent avoir, au fil du temps, laissé passer une lumière proportionnelle à l’épaisseur de l’obscurité traversée. Cet homme, aux confins de sa vie, semble arrivé au bout de lui-même. Sa lumineuse présence sur scène, empreinte d’une vérité éblouissante, m’est apparue plus belle à 78 ans qu’à 40. Il est devenu œuvre d’art vivante, sculptée par la fine pointe du don de ses mots et de la vibration unique de sa voix sombre et profonde. Une voix qui, pour finir, déclame une lumière vive faite de mots qui semblent venir d’un plus grand que Cohen en Cohen. Son visage m’est apparu telle une fenêtre d’espérance sur l’obscurité de l’homme, derrière laquelle la lumière jaillit.

En cheminant au travers des différentes galeries, on se sent mis au contact de nos propres fêlures : une dépression, un deuil, une maladie, la souffrance d’un être cher, la perte d’un amour… toutes ces brèches humaines qui viennent nous plonger individuellement dans l’obscurité et la douleur. Mais, au fil de l’exposition, Leonard Cohen nous assure en profondeur qu’il y a une brèche en toute chose. C’est ainsi qu’entre la lumière. **

Aussi, je vous invite à vous donner rendez-vous avec vous-même dans cette exposition ou à vous poser ces questions profondes qui vous aideront à découvrir quelques rayons de votre lumière :

– Quelles sont ou quelles ont été vos brèches personnelles jusqu’à présent?

– Qu’ont produit ces brèches dans votre existence?

– Comment décririez-vous la lumière qu’elles laissent passer à présent dans votre existence?

Faites un retour sur l’histoire de vos épreuves. Vous gagnerez en confiance lors de vos traversées obscures puisque la lumière finit toujours par en trouver l’issue. La lumière se dégage avec le temps, par nos mots, par nos quêtes, par nos choix, par l’aide que l’on s’offre et les valeurs que l’on défend. La lumière, sans cesse dégagée de nos brèches, n’aura de cesse de faire de nous, au fil du temps, des humains témoins que la clarté advient même au travers des épreuves et nous amène inexorablement vers la meilleure version de nous-même.

Sophie Jardon, formatrice PRH

*Exposition LEONARD COHEN au Musée d’art contemporain de Montréal jusqu’au 9 avril 2018

https://macm.org

**« Il y a une brèche en toute chose. C’est ainsi qu’entre la lumière. »

**« There is a crack in everything, that’s how the light gets in. »

Leonard Cohen

Des commentaires à propos de “8”

  1. Merci Sophie de nous rappeler que nous sommes devenus qui nous sommes aussi grâce aux brèches qui nous ont permis de grandir.
    MOnique

  2. merci, Sophie, I have been a Leonard Cohen admirer and “lover” for ages! très bonne suggestion, les questions que tu nous proposes!

    1. Oui, ainsi Leonard Cohen devient un homme universel, un « sage » qui nous enseigne avec ces paroles. Il n’avait pourtant pas lu Teilhard de Chardin qui, malade à la fin de sa vie, appelait Dieu à entrer plus loin en lui par toutes ses nouvelles failles (« croissance par diminution »).

  3. Merci Sophie! Ton article est puissant et invitant. Il est vrai que c’est la connaissance de soi qui nous fait entrer dans la lumière. Se connaître c’est aller à la rencontre du plus grand que soi en soi. Vivement que chacun, chacune se mette en route.

  4. Merci Mme Jardon
    Il fallait être bien ouverte et allumée pour découvrir et offrir une si belle appréciation de l’exposition sur L.Cohen.
    Quand vous dites……
    “La lumière, sans cesse dégagée de nos brèches, n’aura de cesse de faire de nous, au fil du temps, des humains témoins que la clarté advient même au travers des épreuves et nous amène inexorablement vers la meilleure version de nous-même.”

    ….C’est réconfortant. Je serais même tentée d’ajouter……
    que c’est grâce à la traversée nos difficultés que nous évoluons et que c’est précisément le but de notre passage sur terre.
    Edith Guertin

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