Ne plus avoir peur du changement

En cette saison de renouveau, je fais le rêve de voir les femmes, les hommes aimer changer avec la radicalité et le dynamisme que provoque la poussée de la sève au printemps.

Un changement qui permettrait à l’homme de libérer ses forces positives insoupçonnées et de découvrir en lui le mouvement permanent de sa croissance.

pousse de bourgeonQuand on observe les êtres vivants, tous font l’effort de se réaliser selon leur nature profonde, dans une perspective de déploiement. Imaginons un instant que le gland ou la chenille ne soient pas habités de ce fantastique dynamisme de vie qui les pousse à se développer.

L’être humain ne fait pas exception à cette loi de transformation. Il est marqué au cœur de chacune de ses cellules par une génétique qui le prédispose à changer dans le sens de sa réalisation profonde et, inévitablement, le pousse à s’adapter aux changements inhérents à cet accomplissement.

L’adaptation au changement s’impose comme une respiration. C’est une clé pour favoriser l’accomplissement de toute personne. Il n’y a pas de progression individuelle sans changement personnel.

Tout comme la chenille, appelée à sortir du cocon, l’homme ne peut indéfiniment rester dans sa zone de confort. Il n’existe pas de vie linéaire dans laquelle ne surviendrait jamais aucun changement. Si l’individu résiste et se fixe à son cocon transitoire de manière définitive, il souffre, il étouffe. Son dynamisme de vie est entravé, voir détourné du but ultime auquel il se sent irrésistiblement appelé.

L’obstacle majeur au changement c’est la peur de l’inconnu. C’est ce passage inconfortable d’une situation connue et sécurisante, mais parfois trop petite, à une situation plus vaste, mais insécurisante parce qu’inconnue. Le choix du changement nous fait transiter par un stade chrysalide inconfortable et non abouti. Ni plus chenille, ni encore papillon, la personne ne sait plus véritablement qui elle est. Celui qui dit oui au changement pour un plus de vie passe par des peurs. La chenille se sent mourir là où le sage voit le papillon advenir.

Mourir à l’ancien pour naître au nouveau est un exercice qui nous sera demandé toute notre vie durant. Par réflexe, l’être humain cherche à éviter la peur pour ne pas souffrir. Il tente de résister, étranglant le mouvement naturel de sa réalisation personnelle qui lui fait pousser des ailes.

À bien observer, plus que le changement, ce qui fait terriblement souffrir l’individu ce sont les conséquences de ses résistances aux changements. Tant d’énergies physiques employées, d’argent dépensé, de temps consacré pour parvenir à se fixer à l’illusion faussement sécurisante que rien ne changera.

La chenille n’a pas d’autre option pour vivre que de s’abandonner au changement qui l’invite à devenir papillon. Si elle parvenait à résister, elle mourrait inachevée dans son cocon bien confortable.chrysalide papillon

L’expertise de l’école PRH dans l’accompagnement de la croissance des personnes nous a permis d’affirmer que la croissance est un phénomène naturel qui se poursuit tout au long de sa vie. Cette croissance continue provoque inévitablement le besoin de changer. Ainsi, une phase de croissance en amène une autre, un changement succède à un autre. Autant glisser dès aujourd’hui dans cette sagesse plutôt que de perdre nos énergies à résister et détourner sans cesse le sens de notre vie.

Dire oui aux changements c’est accepter d’aller voir les peurs qui s’éveillent en moi et choisir de les traverser pour durer dans le changement que j’entreprends. C’est ne pas céder à la terrible tentation de revenir en arrière pour retrouver le confort du connu devenu trop étroit. C’est aussi prendre mon changement en main en choisissant une démarche qui facilitera l’étape que je vis aujourd’hui : ma retraite qui s’amène, mon corps qui se modifie, mon couple qui bouge, mes enfants qui grandissent, les autres qui évoluent, mes aspirations qui veulent se réaliser, mon besoin de changer pour trouver ma place dans ce monde qui évolue en permanence…

Aussi, autant être riches, sages et fiers de nos changements bien négociés. Autant se faire aider par ceux qui comprennent et savent changer le moment venu. S’entourer de papillons pour traverser les étapes, en comprendre les enjeux, éviter les pièges et choisir ce qui les favorise. Faire du changement mon allié plutôt que mon ennemi facilitera ma progression et mon bonheur. Préférer ne pas traînailler, car, tôt ou tard, j’aurai à vivre des changements.

« Tout être humain possède assurément la capacité d’évoluer et de s’accomplir » disait André Rochais, fondateur de l’école PRH. Mais, contrairement à la chenille, l’être humain a besoin d’être accompagné, à un moment ou l’autre de son existence, pour devenir papillon. Seul, il peut rester prisonnier de sa peur de changer, s’épuisant à résister et à souffrir, restant inaccompli dans son cocon. Pour bien changer et prendre son envol : ne pas rester seul !

Sophie Jardon, formatrice PRH

envol papillons

 

Des commentaires à propos de “25”

  1. Merci Sophie pour ce beau texte. Ça m’inspire et me pousse encore un peu plus dans le sens de ma vie…

    1. C’est vrai le changement nous pousse naturellement dans le sens de notre vie, même si ce n’est pas facile à première vue. Dès qu’un pas est posé dans le sens de notre changement, on se sent déjà plus dans le sens de sa vie.
      Je te souhaite que ça dure Julie.
      Sophie

    2. C’est vrai le changement nous pousse naturellement dans le sens de notre vie, même si ce n’est pas facile à première vue. Dès qu’un pas est posé dans le sens de notre changement, on se sent déjà plus dans le sens de sa vie.
      Je te souhaite que ça dure Julie.
      Sophie

    1. Merci de souligner combien les exemples pertinents sont importants pour se sentir rejoint dans sa vie; Au plaisir d’avoir partagé ce commentaire avec vous et d’être encouragée à sélectionner d’autres beaux exemples.
      Sophie

    2. Merci de souligner combien les exemples pertinents sont importants pour se sentir rejoint dans sa vie; Au plaisir d’avoir partagé ce commentaire avec vous et d’être encouragée à sélectionner d’autres beaux exemples.
      Sophie

  2. Prendre conscience de mes peurs pour avancer vers son soi profond. Merci pour ce texte qui m’ouvre à regarder c’est quoi mes peurs. Ça m’invite à être à l’écoute et d’accueillir ce qui sera.

    1. Prendre conscience de ses peurs c’est une attitude courageuse. C’est vrai que le changement peut éveiller beaucoup de peurs, derrière lesquelles se cachent des aspects précieux de notre véritable personnalité. Je vous encourage sur ce chemin d’analyse de vos peurs. Je vous souhaite de belles découvertes sur vous.
      Sophie

  3. Dire oui au changement et surtout ne pas le faire seul (e). Merci Sophie pour ce beau texte. Je vais le partager avec joie!

    1. Merci de votre belle capacité à vous vivre en lien, à la fois pour favoriser vos changements en ne restant pas seule mais également pour partager ce qui vous met en joie à ceux que vous appréciez. Le monde a bien besoin de personne pleine d’élan comme vous.
      Beau printemps

    2. Merci de votre belle capacité à vous vivre en lien, à la fois pour favoriser vos changements en ne restant pas seule mais également pour partager ce qui vous met en joie à ceux que vous appréciez. Le monde a bien besoin de personne pleine d’élan comme vous.
      Beau printemps

  4. Merci pour ce texte qui rejoint celui du site PRH France sur la confiance osée. C’est exactement ce qui me parle en ce moment. Je trouve ce texte inspirant et cela m’incite à travailler avec des TPA pour aller regarder ce que je peux faire dans mon évolution personnelle.

    1. Je suis heureuse que ce texte stimule en vous le goût de votre croissance personnelle. Prenez vous par la question suivante: Qu’est ce qui veut vivre plus en moi en ce printemps nouveau?
      Je vous souhaite de beaux changements favorables à votre réalisation.
      Sophie

  5. Très beau texte. Ça m’inspire. Je veux justement faire des changements dans ma vie, des tous petits pour commencer, mais j’ai des aspirations en tous cas… Bravo.

    1. Merci Elise pour votre commentaire. Les petits changements nous entraînent vers de plus grands. Ils nous apprennent que nous avons des ressources et sommes capables de les traverser. Aussi ils comptent tout autant que les plus grands.
      Observez vous bien dans ces petits changements, ils vous donneront de la solidité et des réserves pour durer dans les plus grands.
      Sophie

  6. Merci de nous convier à oser : Oser sortir de ma zone de confort en accueillant la nouvelle famille de ma fille, nouveau gendre, nouveaux enfants….quitter cette zone d’intimité heureuse avec mon premier gendre, l’unité familiale d’alors….qui me donnait confort et forces !
    Accueillir ce nouvel équilibre familial c’est ouvrir mon cœur : refuser en moi la comparaison qui engendre, accentue le manque déclenché : ce gendre-là n’est pas l’autre, il s’agit d’une relation neuve, différente, autre. Une autre re-lation, un autre re-lié, …c’est lâcher ce qui me sécurisait, oser lâcher mes repères, mes attentes qui ne sont que non-sens et frustrations…alors bien sûr mon histoire est réveillée, celle du chaos, de l’absence, du vide,…occasion de découvrir ce qui n’a pas été encore re-senti, ni nommé mais surtout oser passer du connu à l’inconnu, passer de la fermeture à l’ouverture, oser la confiance dans la vie qui appelle la Vie….
    Comment, où trouver cette force ?
    Aujourd’hui l’adulte en moi est capable de s’appuyer sur ce qu’il a déjà vécu, expérimenté de la Beauté de l’ouverture : chaque ouverture du cœur, lâchages de mes peurs et de mes freins a été, sont des cadeaux, surprises, découvertes, émerveillements, chaque petits pas d’ouverture est joie, de cette « Joie imprenable », celle de la Source qui trouve sa route unique par-delà les entraves….et qui seule peut me donner une « vraie » sécurité !
    Notre vie, nos vie, ma vie est élan vital, aspirations, jaillissement, elle est mouvement continuel, unicité mue de l’intérieur vers ce qui cherche, appelle à naître, et à renaître, « tout est en avant »….
    Nicole Langlois-Meurinne

    1. C’est un bel exemple de changement que vous décrivez ici. La perte d’une relation qui nous est chère. C’est très juste que de comparer la situation ancienne bien connue à la situation nouvelle très peu connue n’aide pas et bien au contraire fixe dans un passé et dans le manque. Au fil des jours ce passé peut même devenir idéal nous manquer au point d’avoir des tentatives de retour en arrière ou se fermer au nouveau pour essayer de vivre dans le confort et la sécurité de l’ancien. Néanmoins la crysalide ne se déploie pas en un jour et a besoin d’être respectée dans son rythme de changement. Je crois qu’il est facilitant de se prendre avec bienveillance et de se respecter dans son rythme. Ne pas s’en rajouter en s’imposant d’aller trop vite en ouverture . S’apprivoiser tranquillement, en s’accordant ses peurs, ses résistances, ses difficultés et au travers de tout ça vivre son possible de chaque jour. Pour durer dans le changement, quand c’est inconfortable, douloureux ou effrayant s’appuyer comme vous l’exprimez si bien sur l’expérience de nos changements antérieurs qui nous ont conduits vers plus de vie.
      Je vous souhaite que ce changement vous révèle plus loin à votre vie profonde et à la solidité de qui vous êtes en profondeur.
      Sophie

  7. Merci pour ce beau texte qui m’évoque tellement la notion de “tendance actualisante”, fondement de la pensée de Carl Rogers, dont s’est si bien inspiré André Rochais …

    1. Merci de votre écho. Oui le dynamisme de croissance de la personne humaine et un mouvement passionnant à observer. Spinoza l’a si bien décrit, Carl Rogers l’a observé et accompagné par son approche, Andre Rochais passionné par ce phénomène en a fait une école PRH pour aider son émergence et son déploiement chez les personnes. C’est en effet un phénomène de fond passionnant qui nous pousse à nous actualiser selon notre nature profonde;
      Beau printemps.
      Sophie

  8. Le changement comme le printemps, un rendez-vous indispensable pour survivre et se déployer, qui transforme tout en opportunité et en energie pour se rendre possible… À suivre ! Merci Sophie.

    1. Oui le printemps fait écho au dynamisme de notre vie inscrit au plus profond de nous. Il est à la base de notre vie et déploiement. Quand on le suit, il peut en effet changer nos hivers en printemps!
      Beau printemps Domitille.
      Sophie

  9. Je suis heureux d’avoir lu ton texte, douce Sophie. Je traverse un petit moment de “vide’, de perte d’élan dans mon envol. Ta réflexion me ramène à l’essentiel, la croissance de mon Être qui cherche à se déployer. J’ai lu tes commentaires à la suite des commentaires de tes lecteurs et cela m’inspire également. Merci à celles et ceux qui les ont partagé! Je vais prendre rendez-vous avec mon accompagnatrice, j’en sens le besoin depuis un certain temps. Heureux d’avoir lu cet article qui me pousse à me reprendre en mains.

    1. Merci de partager combien un texte ou des partages peuvent nous faire faire l’expérience d’une vitalisation qui nous connecte à notre être. La perspective de te vivre en lien avec ton accompagnatrice est une invitation de ton être pour revenir à l’essentiel de ta vie et sortir du vide.
      Je te souhaite beaucoup d’essentiel.
      Sophie

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