L’écho en moi de l’humanité bouleversée

Explosion à Bruxelles!

Nous sommes témoins d’une autre catastrophe qui porte atteinte à l’humanité. Devant cela, quoi dire? Quoi faire? Comment réagir? Comment agir?

carte européennePour vivre les événements qui se présentent à nous, peut-être y a-t-il un premier geste à prioriser avant toute chose : celui d’accueillir ce que cela me fait vivre à moi d’abord.

Qu’est-ce que je ressens en apprenant la nouvelle? Quand je prends le temps d’écouter ce qui se passe en moi, qu’est-ce que j’entends? Quelles émotions sont présentes en moi? Par quelle sensation suis-je traversé(e) : la peur, l’impuissance, le ressentiment, l’insécurité, la paralysie, le découragement?

Je choisis de m’arrêter pour nommer ce que je ressens. Peut-être même l’écrire; parfois, ça va mieux en l’écrivant. Pour ceux et celles qui connaissent la méthode de l’analyse PRH, c’est une occasion de la mettre à profit pour mieux saisir ce que je vis. Écouter et nommer ce que je ressens est un premier pas pour me vivre en proximité avec moi-même, puis avec les autres. Je m’accorde alors un espace suffisant pour pouvoir m’exprimer.

Mais pourquoi consacrer du temps à écouter ce qui se dit en moi?

Si je n’accueille pas ce qui me touche ou ce qui est remué, mes réactions risquent d’être teintées de ce qui est gardé sous silence et ne laisseront pas transparaître toute la justesse de mon vécu et de qui je suis. Des réactions de toutes sortes peuvent alors s’enclencher en moi : incriminer, entrer dans l’impulsivité de vouloir sauver, critiquer, démissionner de l’humain, ignorer et fuir la réalité, porter des conclusions hâtives, me fermer à une culture, etc. Ces réactions ne sont alors pas représentatives de la personne que je suis lorsque je suis situé(e) au meilleur de moi. Peut-être y a-t-il en moi de la solidarité, de la compassion, de l’inventivité, des élans constructeurs?

Si jamais vous vous surprenez à vivre de telles réactions devant les événements bouleversants de l’actualité, rappelez-vous que cela témoigne que nous sommes touché (e)s par le sort de nos semblables. L’important est d’être conscients, conscientes de ces réactions et de progresser dans la mise en ordre intérieure nécessaire afin de vivre de plus en plus en cohérence avec qui nous sommes au fond de nous.

Avec vous sur cette route de mise en ordre et solidaire avec le peuple belge.

Diane Plante, formatrice PRH

Des commentaires à propos de “14”

  1. Face à ces événements je sens poindre en moi, parisienne, la tentation subtile et terrible, de la « banalisation du mal » : une façon de m’anesthésier, de m’habituer « cela devait arriver, cela va arriver à nouveau » une sorte de démission en moi face à l’impuissance ainsi réveillée. Ors, pour nous européens, c’est bien-là notre réel d’aujourd’hui « cela arrivera encore et encore »….après les « nous sommes Paris, nous sommes Bruxelles, Bordeaux, Londres, Berlin » ?…. ….Je sens que mon cœur risque se recouvrir de cette couche de fatalisme ….prendre les trains, les gares, le métro, les aéroports…sans oublier la peur « qu’ils » agissent dans les écoles….
    Alors comme tu nous y invites si justement, Diane, continuer à déchiffrer : ne pas se laisser envahir par un passé sans doute réveillé et ainsi convoqué…mais tout autant continuer à m’enraciner dans mon petit « colibri », porter avec bonheur la goutte qu’il peut porter, cette goutte originelle et originale ,à chacun la nôtre, là où nous sommes et à notre mesure…
    Ainsi ré-enchanter le monde qui alors retrouve son sens, sa direction, sa signification : Sens unique si fécond et si profondément ré-jouissant.
    Nicole Langlois-Meurinne.

    1. Bonjour Nicole,

      C’est une belle interpellation que tu apportes suite au partage de ton ressenti. Effectivement, j’y entends ton ouverture à reconnaître pleinement ton vécu et en même temps une vigilance pour continuer de “ré-enchanter le monde”, avec la part qui est la tienne. Merci de ta parole qui enrichit notre réflexion commune face à de tels événements.

      Diane

  2. J’aime beaucoup cette facon de faire, bien apris en PRH mais aussi confimee par Richard Rohr qui invite a ne pas rester dans le “dualistic thinking” et dire “oui, mais”… Il nous invite a dire “oui, et”… c’est bien le message que je retiens de ton partage Diane… des reflexes, des sensations de toute sortes et ce que nous ne savons pas encore! Merci d’avoir pris le temps de partager ceci… de tout Coeur avec nos amie(s) Belge!

    1. Bonjour Denise,

      Il est juste de dire que des sensations de toutes sortes peuvent se manifester en nous et que nous ne savons pas toujours ce qu’elles ont à nous révéler, d’où l’importance de se mettre à l’écoute pour les déchiffrer. Je vous souhaite de belles découvertes dans ce travail personnel.

  3. tout à fait rejointe, Diane, merci à toi.
    c’est ainsi que vit une solidarité dans l’humanité au-delà des frontières qu’aucune violence ne pourra détruire.

  4. Merci Diane pour cette belle invitation à regarder ces événements dramatiques à partir de qui je suis au fond de moi, de traverser la dimension émotionnelle, réactionnelle pour rejoindre ce qui est atteint, meurtri au fond de moi et recueillir les invitations qui surgissent pour continuer à croire et oeuvrer pour un monde plus humain. Je lis ton texte en ce jour particulier où la mort semble avoir vaincu la vie. Je pense aussi il y a 20 ans l’enlèvement des moines de Tibherine…

    1. Bonjour Alain,

      Tu as raison de dire qu’il est important de recueillir les invitations pour continuer non seulement de croire mais aussi d’œuvrer pour un monde plus humain. Cela parle d’un engagement à prendre pour participer chacun, chacune, à ce “plus humain”.

    1. Effectivement, aucune contribution n’est vaine. A PRH, nous croyons fondamentalement que chaque personne a un potentiel d’action pour s’engager dans une collaboration créative avec les autres.

  5. Merci Diane de ta réflexion qui m’interpelle loin dans le plus grand que moi en moi. C’est de ce lieu que j’ose espérer, que j’ose croire en un monde meilleur, un monde où nous pourrons tous nous vivre en frères et soeurs. J’y crois parce qu’après l’hiver de cette année, je goûte encore au printemps qui arrive. La nature reflète cet ordre dans l’univers, elle m’invite à croire que la remise en ordre peut se vivre un jour en chaque individu et en toute humanité.

    1. Bonjour Mandine,

      Garder cet espoir de mise en ordre dans chaque personne est un espoir que je partage volontiers. Comme tu le sais, cette mise en ordre est au cœur même de notre formation et notre pédagogie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *