LA RÉCOLTE

L’été nous quitte lentement pour laisser place à l’automne. Une saison qui, au premier abord, me paraît triste. La chaleur, la lumière éblouissante, les fleurs et les couleurs éclatantes disparaissent lentement de mon paysage pour entrer dans un autre cycle : la récolte.

Une abondance est là, m’est offerte et est à ma portée. Elle est faite de paysages colorés que je ne me lasse pas de regarder, du passage des oies qui migrent vers le sud, de la cueillette des différentes semences de l’été : fruits, légumes, vendange… appelées à être transformées. C’est une étape qui m’indique que la vie a poussé, qu’elle continue et se poursuit pour aller plus loin.

En moi, le mot reconnaissance s’impose et je me sens invitée à porter mon regard sur le mouvement de ma propre vie. J’ai la sensation d’une récolte en moi par rapport à ma vie. Je me sens dans un cycle moi aussi. Je suis en mesure de mieux nommer ce qui est là, ce qui a poussé : l’amour, la tendresse, la bonté, la générosité, la compassion, des élans vers l’avant et j’en sens encore bien d’autres.

Constatant ce qui a émergé en moi, je me sens tout à coup concernée par ces nouvelles pousses : les prendre au sérieux, les honorer pour qu’elles entrent dans le processus d’un nouveau cycle. Je sens l’élan de les actualiser, de les vivre non pas n’importe comment, mais d’une manière nouvelle, plus consciente, en simplicité, sans fracas, mais reconnaissante qu’elles colorent ma personnalité, qu’elles m’identifient et qu’elles soient au cœur de moi pour la réalisation et le déploiement de qui je suis.

Je me sens entrer dans ce mouvement d’une transformation devant la récolte; même phénomène que la nature. La vie se poursuit, continue, mais s’élargit pour porter d’autres fruits : vivre mes relations tout en respectant l’autre, avoir cette capacité à voir le cœur de l’autre, l’aimer au-delà de ses comportements, avoir foi en sa vie, avoir cette sensation de me vivre proche tout en me sentant libre.

Je ne peux que dire « Merci » à cette Vie déposée en toute la création. Je la reçois en abondance, elle m’appelle à continuer la marche, à poursuivre ce cycle de transformation de la vie et de ma vie.

Sentez-vous ce phénomène se produire en vous? Je vous invite à vous laisser couler dans ce mouvement de vie, à prendre un moment d’arrêt, de silence pour cueillir votre propre récolte. Voici quelques questions si cela peut vous aider :

  • Quelles sont mes nouvelles pousses?
  • Qu’est-ce qui a jailli davantage en moi depuis l’été?
  • Quel élan est là en moi pour y donner plus d’importance?

Bon temps de récolte!

Doris Hébert, formatrice PRH

Du fleuve Saint-Laurent à mon fleuve intérieur… comment y plonger?

« Le fleuve se déploie devant nos yeux depuis toujours.

Mais, on le connait seulement en surface, alors que ça grouille

de vie et de beauté dans les entrailles du Saint-Laurent.

Bien sûr… l’eau froide, bien sûr… les courants, mais moi,

je connais l’homme grenouille

qui pourchasse les splendeurs de notre Québec profond,

Et on a décidé de vous y faire plonger! Et naviguer

sur les flots tantôt tranquilles, tantôt en furie

pour remonter le fil de la vie et découvrir ce monde tellement méconnu. » *

Cette vidéo promotionnelle du documentaire me rappelle mon attachement pour ce Saint-Laurent, si majestueux. Il est devenu la destination privilégiée de mes vacances. Il m’attire. J’aime contempler son immensité, ses marées, sa lumière… que ce soit de la fenêtre du chalet, de la rive ou en kayak. Dans cette vidéo, chaque mot de la narration, chaque image montrant les beautés cachées de ce fleuve, rejoint l’expérience que j’ai faite de découvrir mon fleuve intérieur, la richesse de ses profondeurs inconnues et d’y être plongée.

Ce fleuve intérieur, c’est mon monde intérieur qui grouille de vie. Je ne l’ai regardé qu’en surface jusqu’à ma première formation PRH, « Qui suis-je? ». C’est là que j’ai fait l’expérience du « comment y plonger ». Durant quatre jours, j’ai été guidée, au pas-à-pas, vers mes splendeurs. Par les plongeons successifs que me proposaient les exercices de temps d’analyse, j’ai décidé de remonter le fil du contenu de mon fleuve. J’ai mis des mots aux traits positifs de mon identité, à ce qui fait vibrer ma sensibilité, j’ai précisé mon degré d’autonomie en relation, etc. J’y ai vu ma beauté. Je suis tombée en émerveillement avec moi et ce qui me constitue dans une capacité à le ressentir.

Après cette formation, ayant aimé vivre cette plongée en moi, j’ai voulu me perfectionner afin de devenir cette « femme grenouille ». J’ai souhaité explorer le contenu de ce qui grouille en moi, en utilisant des repères sécuritaires et précis. J’ai aussi voulu apprendre à plonger seule à la maison. Je me suis inscrite à la formation sur la méthode d’analyse PRH, « À l’écoute de mon monde intérieur ». C’est dans ce parcours que j’ai appris que mon ressenti se présente comme un courant, qui prend la forme d’une sensation; tantôt positive ou heureuse, tantôt houleuse ou négative. J’ai fait l’expérience qu’en choisissant de suivre chacune de mes sensations, elle me fait remonter un fil de vie et me redonne une parcelle de ma dignité, de ma liberté, de mon autonomie, celle de ma personnalité unique et distincte. C’est à ce moment que j’ai compris que les entrailles de mon fleuve intérieur, tout comme celles du Saint-Laurent, sont infinies.

Au cours de ces années à pratiquer l’analyse, seule ou en formation, en utilisant les repères PRH « de plongée », je suis devenue une femme à la fois actrice, réalisatrice et collaboratrice de mon aventure en société. Depuis, je vis une route de bonheur, de liberté et de solidité personnelle que je n’aurais jamais pu imaginer et qui me réjouit encore puisqu’elle est une source infinie de découvertes.

Martine Préville, formatrice PRH

*Extrait de la bande-annonce du documentaire « QUÉBEC PROFOND » de Geneviève Bilodeau, Patrick R. Bourgeois

Pensées d’été

Mes pensées me font penser! Le jeu de mots est facile, mais il décrit bien ce que je vis. Ces petites fleurs, dans le soleil des premières heures du matin, n’en finissent plus de me parler. Je viens simplement vous partager ce qu’elles me disent.

Quand elles tournent automatiquement leur petite face vers le soleil radieux du matin, qu’elles prennent tout leur temps pour goûter cette lumière qui les traverse, cet amour qui les réchauffe, qui les redresse, elles me disent : « Nous ne vivons que pour et par cette relation. Toi, pour quoi, pour qui, par qui vis-tu ? »

Bien serrées entre elles, elles prennent chacune leur place, laissant une place pour l’autre, formant des îlots de couleur dans le décor : couleur de joie, couleur de ciel (certaines sont jaunes, d’autres bleues). Je les entends me dire : « Toi, fais-tu partie d’un groupe positif, joyeux, rayonnant où les membres, bien soudés par des valeurs profondes, laissent à chacun, chacune sa juste place? »

Elles sont vigoureuses! Le vent du nord-ouest les fouette souvent et cela renforce leurs tiges! Quand je néglige de les arroser, elles se couchent. Je désespère de les sauver, mais, quelques heures après leur avoir donné de l’eau, rien n’y paraît! Les revoilà toutes droites, épanouies! Elles me disent : « Toi, es-tu aussi résistante face à l’adversité? Oublies-tu aussi vite quand on t’a négligée? »

Régulièrement, j’enlève les fleurs fanées pour qu’elles ne prennent pas l’énergie des autres fleurs. Le but de cette plante, c’est d’offrir ses fleurs, pas ses fruits. Je pense à mon vieux papa de 98 ans. Il n’aimait pas quand j’enlevais les fleurs fanées. Moi aussi, avec l’âge, je fane un peu… J’aimerais transmettre ce que j’ai appris, porter plus de fruits. Elles me disent : « Si tu souhaites que ceux et celles qui viennent après toi prennent leur envol, toute leur place légitime, tu auras souvent à te tasser, à te taire, à collaborer à leur vision, surtout à celle des plus jeunes en responsabilité. Ils sont dans la fleur de l’âge. Tu as à trouver une autre façon de donner ton fruit, en prenant une place que toi seule peut occuper. »

Au printemps, elles ressuscitent! Une fois que l’hiver a anéanti toute vie dans mes boîtes à fleurs, de petites pensées réapparaissent, çà et là, dans la pelouse qui reverdit! Elles sont toujours là, minuscules signes lumineux! Elles me questionnent : « Toi, est-ce que tu crois que la vie continue après ce qui semble être la fin? »

L’été ne fait que commencer! L’automne venu, j’en aurai des analyses PRH à faire pour répondre à toutes ces questions…

Ginette Harvey, collaboratrice PRH

Marchand de bonheur

Vous connaissez Guillaume Vermette, le clown humanitaire? Dernièrement, en écoutant l’émission : « Y’a du monde à messe », j’ai été profondément touchée par le discours de cet homme. Il se décrit comme suit : « Je suis l’une des personnes les plus heureuses que j’ai rencontré (sic) de ma vie ». Dans son quotidien, il se promène bénévolement un peu partout dans le monde en étant marchand de bonheur pour les plus démunis. Il anime des spectacles pour les enfants afin de les faire rire et de les faire sortir, l’espace d’un moment, de leur difficile quotidien. Toute une mission!

Je me sens émerveillée par la richesse du cœur de cet homme et par ce qu’il traduit d’espérance pour notre humanité. En même temps, je reconnais le mouvement de cet homme à suivre le chemin de son bonheur, de son épanouissement.

J’ai toujours été fascinée de constater que donner sa vie pour une cause qui nous est précieuse et nous ressemble donne sens à notre vie et nous fait toucher à une joie trouvée nulle part ailleurs. Pour moi, cela reste un mystère qui ne cesse de me réjouir et m’invite à continuer. En même temps, cette joie me confirme dans mon unicité, chemin que je suis seule à pouvoir découvrir.

Et moi aussi, à ma façon, je peux dire que je suis une marchande de bonheur dans mon travail d’accompagnement des personnes en laissant battre mon cœur aimant pour les entendre loin dans qui elles sont. Donner de ma vie me rend plus vivante! Aider l’autre en utilisant mes ressources, en vivant le beau de qui je suis, me comble.

Et si chacun de nous expérimentait ce bonheur d’être lui-même! Je me plais à imaginer combien notre monde se mettrait à changer pour le mieux. Ça me laisse pleine d’espérance! Et vous?

Maryse Cyr, formatrice PRH

http://www.guillaumevermette.com/

Vivre et rayonner jusqu’au bout

Tu es arrivé dans nos vies un matin, avec ta simplicité, ta discrétion, ton ouverture au monde, ta curiosité à vouloir apprendre toujours davantage, ton sourire et ton humour intelligent bien distinctif.

On venait de te présenter ton compagnon, Diabète, qui ne te quitterait jamais plus. Tu étais un homme ordinaire, avec sa maison, son camion, aimant son travail, amateur de pêche et passionné d’électronique.

Vivre avec Diabète amène son lot d’adaptations : injections régulières, activités modérées, diète sévère, etc. Une autre compagne, du nom de Rétinite pigmentaire, s’impose alors à toi faisant bonne équipe avec Diabète.

Poursuivre la route avec tes deux compagnons toujours plus envahissants t’impose de te départir de ta voiture, de vendre ta maison pour te rapprocher de ton travail et d’abandonner les loisirs extérieurs que tu aimais tant.

Tu étais toujours toi, rayonnant la vie et semant la joie du moment présent. À la maison, les loisirs et passions d’autrefois ont fait place à la conception de trains miniatures et l’ordinateur.

Il t’a fallu laisser ton travail, car tes reins ne fonctionnaient plus. Tu nous présentais, avec intérêt, tes accessoires de dialyse et l’hygiène de vie stricte à laquelle tu devais t’astreindre, arborant toujours ton sourire.

Une intervention chirurgicale pour une greffe de reins afin de te permettre de retrouver un peu de liberté fut une épreuve difficile à traverser.

La dernière fois que je t’ai vu, toi tu ne pouvais plus me voir. Tu m’estomaquais à chaque fois. Alors que tes compagnons t’envahissaient toujours plus, te faisant prisonnier de ton corps, toi tu rayonnais toujours davantage.

Il t’a fallu quitter de nouveau ta maison, quitter ta région pour que ta famille prenne soin de toi. Progressivement, tu as laissé tes petits trains et l’ordinateur que tu regardais avec une immense loupe. Tu rayonnais toujours. Tu continuais d’avancer. Une nouvelle passion est née en toi : la musique. Tu en es devenu connaisseur et tu demeurais ouvert au monde par la radio.

Il a fallu quitter ta famille après l’amputation de tes jambes. Ton autonomie s’amenuisait jour après jour, mais tu étais toujours « debout », ouvert au monde, s’intéressant à nous lorsqu’on communiquait avec toi.

Tu as tiré ta révérence lorsqu’on a débuté l’amputation de tes membres supérieurs alors que tu perdais également ta faculté d’audition.

Ce qui me rejoint profondément, outre ta grande résilience, c’est ton « oui » à la vie, à l’actualisation de l’homme de cœur que tu étais, en soif d’apprendre et de transmettre, malgré tous les obstacles, et ce, jusqu’au bout. Tu as su toucher toutes les personnes rencontrées sur ta route.

Je me suis levée ce matin alourdie par des entraves à ma liberté. Ton sourire est venu à moi pour libérer le mien.

Le passage d’un tel collègue et ami dans une vie laisse un témoignage important : il demeure toujours en nous un espace de liberté intérieure pour être, se réaliser, s’émerveiller, aimer, être heureux. Notre rayonnement est alors précieux et d’une grande richesse.

Merci à toi Rodrigue…

Joanne Daneau, formatrice PRH