Oui à ma vie avec les renoncements nécessaires!

Il y a plusieurs années, j’ai été captivée par un livre : « Les renoncements nécessaires » de Judith Viorst. Depuis cette lecture, le thème du renoncement danse dans mon esprit en aiguillant mon observation.

D’entrée de jeu, ce qui me frappe, c’est l’espèce de tabou autour du « non ». Même le mot renoncement a mauvaise presse. Il comporte un « non ». On préfère plutôt parler de lâcher prise, d’assumer les conséquences de ses choix ou d’accepter les dures réalités de la vie.

J’espère contribuer un peu à réhabiliter le « non ». Je commencerai en partageant des moments où j’ai eu à dire non à moi-même, puis ma difficulté à dire non aux autres. Ensuite, j’éclairerai le sens de mes renoncements. Je terminerai en vous partageant quelques situations difficiles pour moi et ce qui m’aide à renoncer, ainsi que les profits retirés.

Dire non à moi-même

Comme tout le monde, je suis confrontée au renoncement à toutes les étapes de ma vie. Voici quelques exemples :

  • Pour obtenir de beaux résultats scolaires, j’ai dû étudier et renoncer à aller jouer dehors.
  • Puisque je souhaite une relation durable avec mon compagnon de vie, je renonce aux autres relations masculines.
  • Si je veux donner tout mon fruit dans notre société, je renonce à une retraite toute remplie de loisirs.

Impossible d’y échapper, le renoncement m’attend à chaque détour de mon existence! Et cela, sans parler de tous les renoncements que je ne choisis pas, ceux imposés par la vie : les décès, la maladie, les renoncements physiques du vieillissement!

Dire non aux autres

Dire non aux autres, ça c’est difficile pour moi! Plus je tiens à l’amour ou à l’estime de l’autre personne, plus c’est difficile. Suis-je seule ainsi? Je ne crois pas! J’observe des grands-parents épuisés qui n’arrivent pas à dire non aux demandes de leur progéniture. J’observe quelqu’un qui s’endette parce qu’il n’arrive pas à dire non à son ami. Une cliente écrivait : « Je n’arrive pas à dire non. Je laisse une porte ouverte et cela crée des attentes. »

Le sens de mes renoncements

Il ne s’agit pas de renoncer pour renoncer. Les renoncements s’avèrent souvent incontournables pour dégager des richesses de ma personnalité. C’est l’appel de mes aspirations qui se fait entendre, une poussée pour un plus de vie.

Par exemple, il y a trois ans, je sentais un fort attrait vers plus d’intériorité. Je cherchais du temps pour méditer, pour utiliser l’outil d’analyse PRH. J’avais observé que, le matin, j’arrivais mieux à m’intérioriser. Donc, j’ai renoncé à mon temps de lecture du soir afin de devancer mon réveil d’une heure.

Ce qui m’aide à renoncer

Une situation où j’ai peine à renoncer, c’est quand le besoin de l’autre me semble plus important, plus urgent que le mien. Parfois, inconsciemment, c’est mon besoin exagéré d’être estimée, d’être aimée de cette personne significative qui agit en moi. Il m’est aussi pénible de renoncer à accomplir toute la liste des choses à faire, même quand mon énergie est à plat. D’autres fois, quand je magasine, je suis attirée par toutes les couleurs. Il m’arrive d’acheter plusieurs vêtements sans que cela corresponde à un besoin réel.

Ce qui m’aide, c’est de m’arrêter pour ressentir par l’analyse PRH. Il me devient alors possible de réviser mes choix. J’identifie clairement ce à quoi j’ai à renoncer. Je cerne l’obstacle et je peux ainsi mieux le dépasser. Je deviens plus consciente de mon besoin disproportionné d’être vue, reconnue, aimée, qui me porte à prioriser le besoin de l’autre plutôt que ce qui est constructeur de ma personne. La relation d’aide PRH m’aide à me dégager de ces besoins disproportionnés.

Par l’analyse PRH encore, je prends au sérieux l’insatisfaction ressentie suite à mes non-renoncements : je me sens encombrée, envahie, dépassée. Par cette prise de conscience, je peux alors nommer la vie qui pousse en moi, présente sous cette insatisfaction.

La méthode de discernement PRH, quant à elle, m’amène à identifier mes aspirations les plus profondes et à leur accorder la première place. J’aspire, entre autres, à me vivre proche et libre avec les autres; je souhaite un équilibre travail-famille-loisirs; je veux pratiquer davantage la simplicité volontaire.

Pour m’aider à faire les bons choix, je me pose souvent les deux questions suivantes :

-Si j’aime vraiment ma vie, qu’est-ce que j’oserais pour qu’elle se déploie plus et mieux?

-Cela me demande de renoncer à quoi?

Les profits retirés 

Quand j’arrive à renoncer à ce qui n’est pas possible, pas ajusté ou pas nécessaire, je deviens enfin libre! Je réserve mon temps, mon argent, mes énergies pour ce qui compte le plus pour moi. Je réalise des rêves! Ma relation aux autres s’améliore. Mes « oui » gagnent en authenticité, en enthousiasme; mes « non » sont limpides et sans besoin de justifications. Je me sens en ordre, légère et enfin désencombrée. J’éprouve l’incomparable joie de me sentir grandir en qui je suis.Envolée papillons

Pour s’initier à l’analyse PRH, deux formations sont offertes : À l’écoute de mon monde intérieur ainsi que Corps et ouverture à mon monde intérieur.

Pour s’initier à la méthode de discernement PRH, il y a la formation  Entraînement à la prise de décisions.

Ginette Harvey, formatrice PRH

Des commentaires à propos de “7”

  1. Vraiment, votre écrit me fais réfléchir. Renoncer,,, mais oui ,combien de fois doit-on renoncer à quelque chose pour autre chose. Même, renoncerà une personne pour son bien-être psychologique. Il me semble que le reNONcement est plus fort que lâcher prise, c’est vrai. Vraiment pas la même résonnance dans ma tête. Bravo et merci pour votre partage. Je me pratiquerai sûrement dans ce sens.
    Francine

    1. « Merci Francine! J’ai la sensation que vous porterez davantage votre regard sur les profits à renoncer, quand cela fait grandir la vie. Comme vous, je sens qu’il y a à exercer notre liberté à renoncer, quand c’est le choix le plus constructeur. »

  2. Excellent… j’y ajouterais le renoncement à la nourriture qui ne me nourrit pas… c’est donc vrai qu’on est habitué à penser que “renoncement” est négatif, pénible, sans regarder les bénéfices. L’article est si bien écrit aussi… de la pure poésie. MERCI.

    1. “Merci Renée!Vous me renforcez dans mon aspiration à renoncer aux calories vides. J’éprouve un si grand plaisir quand je choisis des aliments, tout aussi savoureux, qui contribuent à me régénérer!”

  3. Oui renoncer est toujours un choix difficile mais quelle joie, fierté et paix intérieure ressentie aux renoncements et qui me permet de grandir et avancer dans ma connaissance de moi.

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